Poudre blanche sur les courgettes en pot : couper ou traiter ? La réponse selon le stade

Poudre blanche sur les courgettes en pot : couper ou traiter ? La réponse selon le stade

Fin juillet, mes courgettes en pot se couvrent de blanc, et chaque année on me pose la même question : faut-il couper les feuilles ou sortir le pulvérisateur ? La réponse dépend du stade où vous en êtes et, surtout, de la date. Voici comment je tranche sur ma terrasse.

Un blanc qui s’essuie, un blanc qui reste

Avant de traiter quoi que ce soit, passez le pouce sur la tache. L’oïdium est une poudre farineuse déposée sur le dessus de la feuille, comme du talc, et elle s’efface en partie sous le doigt en laissant un tissu vert terne. Beaucoup de variétés de courgettes portent par ailleurs des marbrures blanc argenté le long des nervures : c’est génétique, ça ne s’essuie pas et ça ne s’étend pas.

Je le précise parce que j’ai vu arracher des plants parfaitement sains à cause de ces marbrures. Le dessin variétal est régulier, souvent symétrique, cantonné entre les nervures. L’oïdium, lui, démarre en pastilles rondes de la taille d’une pièce, presque toujours sur les vieilles feuilles du bas les plus ombragées, et ces pastilles grandissent puis se rejoignent en une semaine.

Pourquoi les pots partent les premiers

Un pot de 40 litres, c’est déjà généreux pour une courgette, et pourtant les racines y tournent en rond dès la mi-juillet. La plante subit des alternances sec-humide brutales, et une courgette qui a soif deux heures par jour devient nettement plus sensible. Sur mes plants en pleine terre, l’oïdium arrive trois semaines plus tard qu’en bac, avec exactement les mêmes variétés.

S’ajoute la position : sur une terrasse, on colle les pots contre un mur, à l’abri du vent, souvent à l’ombre le matin. Le feuillage reste humide de rosée jusqu’à dix heures, l’air ne circule pas entre les feuilles, et le champignon adore précisément cette combinaison de nuits fraîches, de journées chaudes et d’air immobile.

Stade un : deux ou trois feuilles marquées

À ce stade, on ne traite pas, on coupe. Je sectionne le pétiole à ras du pied, feuille par feuille, par temps sec, et je les emporte immédiatement dans un sac. Trois feuilles retirées à temps, cela m’a souvent fait gagner un mois de récolte, parce que l’essentiel de l’inoculum est encore concentré sur ces quelques limbes.

Profitez-en pour supprimer aussi les deux ou trois feuilles les plus basses, même saines : elles produisent peu, elles gênent la circulation d’air et elles touchent presque le terreau. Vous verrez le pied et vous pourrez arroser directement dessus sans mouiller le feuillage, ce qui change beaucoup de choses sur la suite de la saison.

Stade deux : un tiers du feuillage atteint

Là, couper ne suffit plus et vider la plante de ses feuilles serait pire que le mal : sans ombrage, les courgettes prennent des coups de soleil et la plante s’épuise. Je retire donc les feuilles les plus atteintes, sans jamais dépasser un tiers du feuillage total en une seule fois, puis je traite ce qui reste. Les deux produits qui tiennent vraiment la route à ce stade sont les suivants, et il faut les appliquer sur un feuillage encore majoritairement vert :

  • le soufre mouillable, efficace et peu coûteux, mais jamais au-dessus de 28 °C sous peine de brûler les feuilles : je pulvérise le soir, et jamais dans les trois semaines qui suivent un traitement à base d’huile ;
  • le bicarbonate de potassium, à raison de 5 g par litre avec quelques gouttes de savon noir comme mouillant, à renouveler tous les sept à dix jours et après chaque grosse pluie.

Stade trois : tout est blanc en septembre

Quand la moitié du feuillage est farineuse, que les vieilles feuilles jaunissent et que nous sommes en septembre, j’arrête tout. Traiter à ce moment-là coûte du temps et ne sauve rien : la plante est en fin de cycle, les fruits noués mettront trois semaines à grossir et ils seront plus petits de toute façon.

Je récolte tout ce qui a une taille correcte, y compris les courgettes de quinze centimètres, je coupe le pied à ras et je vide le pot. Le terreau, je l’étale sur une planche de légumes-feuilles pour l’année suivante, mais je ne replante jamais une cucurbitacée dans ce même terreau réutilisé tel quel.

Le lait et le bicarbonate de soude, ce qu’ils valent

Le lait dilué à une part pour neuf d’eau revient partout. Les essais publiés donnent des résultats irréguliers : un effet réel mais faible en préventif, quasi nul sur un feuillage déjà couvert, et une odeur désagréable au bout de deux jours sur une terrasse. Je ne l’utilise plus, sauf pour dépanner sur deux ou trois feuilles quand je n’ai rien d’autre.

Le bicarbonate de soude alimentaire fonctionne à peu près comme celui de potassium, mais il apporte du sodium, qui s’accumule dans un volume de terreau restreint et finit par gêner la plante. Dans un pot, cette nuance compte vraiment. En pleine terre, le risque est dilué ; en bac, je préfère payer un peu plus cher le bicarbonate de potassium.

Arroser autrement dès la mi-juillet

Un arrosage abondant et espacé vaut mieux que trois petits arrosages quotidiens qui ne mouillent que les cinq premiers centimètres. Je donne quatre à cinq litres d’un coup le matin, directement au pied, jusqu’à voir l’eau sortir par les trous, et je vide la soucoupe une demi-heure après pour ne pas noyer les racines profondes.

Le matin, et pas le soir : une feuille qui sèche en une heure au soleil est bien moins vulnérable qu’une feuille qui reste humide douze heures. J’ajoute un paillage de trois centimètres sur le terreau, ce qui limite les à-coups d’humidité et donc le stress hydrique qui ouvre la porte au champignon.

Ce que deviennent les feuilles coupées

L’oïdium des cucurbitacées est un parasite obligatoire : il ne survit pas longtemps sur un tissu mort, contrairement au mildiou. Une feuille blanche dans un compost bien conduit ne représente donc pas un grand danger, à condition de l’enfouir sous vingt centimètres de matière et de ne pas laisser le tas ouvert juste à côté des pots.

En revanche, je ne laisse jamais les feuilles coupées traîner sur la terrasse ou sur le terreau du pot. Les spores se libèrent encore plusieurs jours et le vent les remet sur les feuilles saines à trente centimètres de là. Un sac à la main pendant la coupe, c’est trivial, et ça évite de tout recommencer la semaine suivante.

Le conseil de Sophie. Achetez au moins un plant de variété tolérante à l’oïdium sur les deux que vous mettez en pot : chez moi, le tolérant tient trois à quatre semaines de plus, et c’est lui qui donne les courgettes de septembre.

Sophie Lemoine
Sophie Lemoine

Je cultive 180 m² de potager en Anjou, sans engrais de synthèse, et je raconte ici ce qui marche vraiment — y compris mes ratés.

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