Pothos : coupez sous un nœud, mettez dans l'eau, c'est tout

Pothos : coupez sous un nœud, mettez dans l’eau, c’est tout

Le pothos supporte tout, sauf une chose

Il tolère l’ombre relative, l’oubli d’arrosage, l’air sec, les pots trop petits. Ce qu’il ne supporte pas, c’est un substrat détrempé en permanence : les tiges ramollissent à la base et la plante s’effondre en quelques semaines.

C’est pour cela qu’on le bouture si facilement dans l’eau claire mais qu’il pourrit dans un terreau gorgé : l’eau propre et oxygénée n’a rien à voir avec un substrat saturé et fermenté.

Combien de temps garder les boutures dans l’eau

Idéalement, on rempote dès que les racines atteignent sept à huit centimètres, soit deux à quatre semaines. Au-delà, les racines aquatiques se développent tellement qu’elles supportent mal le passage en terreau : la plante marque un arrêt de plusieurs semaines.

Si vous préférez la culture en vase permanent, c’est possible, mais il faut alors ajouter un engrais liquide très dilué une fois par mois, sans quoi les feuilles rapetissent.

Le conseil de Sophie. Une bouture prélevée en mai s’enracine deux fois plus vite qu’une bouture de novembre. La lumière fait toute la différence.

Le pothos est la plante qu’on multiplie sans matériel, sans hormone et sans savoir-faire particulier. Il faut simplement couper au bon endroit — et cet endroit se repère en trois secondes une fois qu’on sait ce qu’on cherche.

Trouver le nœud

Sur une tige de pothos, chaque feuille part d’un petit renflement. Juste en dessous, on distingue souvent une racine aérienne brune de deux ou trois millimètres, parfois à peine visible.

C’est de ce point précis que sortiront les racines. Une bouture qui ne comprend pas de nœud ne s’enracinera jamais, quelle que soit la qualité de l’eau ou la durée d’attente : il n’y a tout simplement pas de tissu capable de produire des racines ailleurs.

La coupe

  • Coupez un à deux centimètres sous le nœud, en biseau, avec une lame propre.
  • Gardez deux à quatre feuilles sur le segment prélevé.
  • Retirez la feuille du bas si elle risque de tremper dans l’eau.
  • Laissez sécher la coupe une heure avant la mise à l’eau, sans plus.

Le pothos n’est pas exigeant sur ce point : contrairement aux succulentes, il n’a pas besoin d’un long séchage. L’essentiel est que la section soit nette.

L’enracinement dans l’eau

Un verre, de l’eau à température ambiante, le nœud immergé et les feuilles à l’air. On change l’eau tous les trois jours et on rince le verre à cette occasion : c’est ce qui évite le développement des bactéries.

La lumière doit être vive mais indirecte. Les premières racines blanches apparaissent en une à deux semaines au printemps, trois à quatre en hiver. On rempote quand elles atteignent sept à huit centimètres.

Le passage en terre

C’est l’étape où l’on perd des boutures quand on va trop vite. Les racines formées dans l’eau sont fines et fragiles, adaptées à un milieu saturé.

On rempote dans un terreau léger, on arrose bien, et on garde le substrat frais — pas détrempé — pendant trois à quatre semaines. Passé ce délai, la plante a fabriqué des racines terrestres et l’on peut revenir à un arrosage normal.

Combien de boutures par pot

Une bouture seule met un an à donner une plante fournie. Trois ou quatre boutures repiquées ensemble donnent immédiatement du volume, et la plante paraît adulte dès le départ.

C’est la façon la plus simple d’obtenir de belles plantes : on ne cherche pas à faire grossir une bouture, on en associe plusieurs. Le pothos ne souffre pas de cette promiscuité.

Le bon moment

Le printemps et le début d’été donnent les meilleurs résultats : la plante est en croissance active et les racines se forment en dix jours. Une bouture prélevée en novembre met trois fois plus de temps et échoue plus souvent.

Si vous devez bouturer en hiver, placez le verre dans la pièce la plus lumineuse de la maison et acceptez d’attendre un mois de plus.

Ce que devient la plante mère

Chaque tige coupée repart depuis le nœud situé sous la coupe, généralement avec deux nouvelles pousses. C’est ainsi qu’on densifie un pothos dégarni tout en récoltant des boutures : la taille et la multiplication sont le même geste.

On peut couper sévèrement, jusqu’à quinze centimètres du pot, sur une plante saine. Elle repart toujours, à condition qu’elle dispose ensuite d’assez de lumière.

Le conseil de Sophie. Trois boutures dans le même pot donnent une plante fournie tout de suite. Une bouture seule met un an à faire la même chose, pour exactement le même travail.

Ce qui empêche une bouture de repartir

Quatre causes couvrent la quasi-totalité des échecs : pas de nœud dans le segment, une eau jamais changée, un verre exposé au soleil direct, ou une coupe écrasée par des ciseaux émoussés.

Une cinquième, plus rare, tient à la plante mère : une tige déjà mal en point, molle à la base, ne donnera pas de bouture vigoureuse. Prélevez toujours sur une tige ferme et bien feuillée.

Bouturer pour offrir

Une bouture démarrée en avril est une plante présentable en juin. C’est le cadeau le plus simple à préparer, et il a l’avantage de venir d’une plante que la personne connaît déjà.

Un petit pot en terre cuite, trois boutures enracinées repiquées ensemble et une étiquette avec le nom de la plante : cela ne coûte rien et se transmet mieux qu’un bouquet.

Un dernier point sur le matériel

Une lame de cutter neuve coûte quelques centimes et coupe mieux que n’importe quel sécateur de jardin. Gardez-en une réservée aux plantes d’intérieur, désinfectée à l’alcool, et vos boutures reprendront nettement mieux.

Sophie Lemoine
Sophie Lemoine

Je cultive 180 m² de potager en Anjou, sans engrais de synthèse, et je raconte ici ce qui marche vraiment — y compris mes ratés.

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