Multiplier un pothos à l'infini : 1 plante = 20 en un été

Multiplier un pothos à l’infini : 1 plante = 20 en un été

Un seul pothos suffit pour en avoir vingt à la fin de l’été. La plante se prête à la multiplication en chaîne, sans matériel et sans perte.

Le principe des segments

Chaque nœud porte un bourgeon et une racine aérienne. Une liane d’un mètre contient donc dix à quinze points de départ. On la découpe en segments d’un nœud avec sa feuille, et chaque segment devient une plante.

La méthode

  • Coupez la liane un centimètre sous chaque nœud.
  • Alignez les segments dans un plat d’eau peu profonde, nœuds immergés.
  • Changez l’eau tous les trois jours, lumière indirecte.
  • Rempotez à sept centimètres de racines, trois segments par pot.

Le rythme

Un cycle complet dure six semaines. En partant en mai, on obtient trois générations avant l’automne, soit facilement vingt plants à partir d’une seule plante bien fournie.

Le conseil de Sophie. Les segments sans feuille ne repartent pas. Il faut au minimum un nœud et une feuille pour que la bouture ait de quoi vivre.

Un seul pothos suffit pour en avoir vingt à la fin de l’été. C’est probablement la plante la plus généreuse en multiplication, et l’opération ne demande ni matériel ni compétence particulière.

Le principe des segments

Chaque nœud d’une tige de pothos porte un bourgeon et une racine aérienne en attente. Une liane d’un mètre en compte dix à quinze, donc autant de plantes potentielles.

On découpe la tige en segments comprenant chacun un nœud et une feuille, et chaque segment devient une plante autonome. C’est ce qu’on appelle le bouturage en série, et le pothos s’y prête mieux que n’importe quelle autre plante d’intérieur.

Choisir la tige à prélever

Prenez une tige ferme, bien feuillée, sans zones molles ni feuilles jaunes. Les tiges les plus vigoureuses donnent les boutures les plus rapides à s’enraciner.

Évitez les extrémités très jeunes, encore tendres, qui pourrissent facilement, et les bases très anciennes, lignifiées, qui repartent lentement. Le milieu de la liane est la zone idéale.

La découpe

  • Coupez un centimètre sous chaque nœud, en biseau, avec une lame propre.
  • Chaque segment doit porter au moins un nœud et une feuille.
  • Retirez les feuilles qui risquent de tremper.
  • Alignez les segments dans un plat peu profond ou dans plusieurs verres.

L’enracinement

Eau à température ambiante, changée tous les trois jours. Lumière vive et indirecte. Les racines blanches apparaissent en une à deux semaines au printemps.

Un plat large permet de traiter dix segments d’un coup, ce qui est bien plus pratique que dix verres séparés. Il faut simplement veiller à ce que les feuilles restent hors de l’eau.

Le rempotage

On rempote quand les racines atteignent sept à huit centimètres, ni avant ni longtemps après. Trop tôt, la bouture n’a pas de quoi s’alimenter ; trop tard, les racines aquatiques s’adaptent mal à la terre.

Trois segments par petit pot donnent immédiatement une plante fournie. C’est la façon la plus rapide d’obtenir des sujets présentables.

Le cycle complet

Une génération demande environ six semaines : deux à trois semaines d’enracinement, trois semaines d’installation en pot. En partant de mai, on obtient donc trois générations avant l’automne.

Une plante mère bien fournie donne facilement six à huit boutures par cycle, ce qui suffit largement à atteindre la vingtaine de plants annoncée.

Ce qui accélère les choses

La chaleur et la lumière, surtout. Un verre posé près d’une fenêtre lumineuse dans une pièce à 22 °C enracine deux fois plus vite que le même verre dans une chambre à 17 °C.

L’ajout d’hormone de bouturage n’est pas nécessaire sur le pothos : le taux de reprise est déjà proche de 100 % sans rien.

Ce qui bloque

Les segments sans feuille ne repartent pas : la bouture a besoin d’une surface photosynthétique pour produire l’énergie nécessaire à l’enracinement. Un nœud seul reste inerte pendant des mois.

Les segments coupés entre deux nœuds sont perdus d’avance, pour la même raison qu’un pothos ne fabrique de racines qu’au niveau des nœuds.

Que faire de toutes ces plantes

Elles font d’excellents cadeaux, et c’est l’usage le plus naturel. Un petit pot en terre cuite, trois boutures, une étiquette : le tout revient à moins de deux euros et se transmet très bien.

On peut aussi densifier les pots existants, garnir une suspension, ou constituer un mur végétal léger en associant plusieurs pots sur une étagère.

La plante mère après l’opération

Elle repart depuis chaque nœud resté sur les tiges coupées, généralement avec deux pousses par point de coupe. Elle devient donc plus fournie qu’avant, ce qui est le contraire de ce qu’on craint en taillant.

Un arrosage normal, un peu d’engrais trois semaines après, et de la lumière : elle aura retrouvé son volume en deux mois.

Le conseil de Sophie. Prélevez au printemps et repiquez par trois. Ces deux choix simples font la différence entre vingt boutures présentables et vingt petits plants qui traînent.

Le calendrier idéal sur une saison

Première série de boutures début mai, mise en pot mi-juin. Deuxième série fin juin sur les nouvelles pousses, mise en pot début août. Troisième série mi-août, mise en pot fin septembre. Au-delà, la lumière baisse trop et l’enracinement devient aléatoire.

Multiplier d’autres plantes de la même façon

La méthode des segments fonctionne à l’identique sur le philodendron scandens, le syngonium et le tradescantia. Elle échoue en revanche sur les plantes en rosette — sansevieria, aloe, pilea — qui se multiplient par rejets ou par feuilles, jamais par tronçons de tige.

Savoir à quelle famille appartient une plante évite beaucoup de boutures perdues.

Sophie Lemoine
Sophie Lemoine

Je cultive 180 m² de potager en Anjou, sans engrais de synthèse, et je raconte ici ce qui marche vraiment — y compris mes ratés.

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