Kalanchoé : coupez les fleurs fanées et il refleurit quelques semaines plus tard

Kalanchoé : coupez les fleurs fanées et il refleurit quelques semaines plus tard

Le kalanchoé offert en janvier finit presque toujours à la poubelle en mars, avec ses fleurs sèches et ses tiges qui s’allongent. C’est dommage, parce que c’est l’une des rares plantes fleuries d’appartement qui reprend franchement du service si on lui coupe correctement ce qui est fané. Chez moi, le même pied a fleuri quatre années de suite, et le geste décisif tient en un coup de ciseaux bien placé.

Pourquoi couper les fleurs fanées change quelque chose

Une hampe florale défleurie continue de consommer de l’eau et des ressources tant qu’elle est attachée à la plante. Chez le kalanchoé, elle ne donnera de toute façon rien d’intéressant : les graines, quand il y en a, sont minuscules et sans intérêt pour un particulier. Laisser sécher les ombelles ne fait qu’entretenir un foyer d’humidité entre les tiges, propice à la moisissure grise.

En coupant, vous faites deux choses à la fois : vous libérez de l’énergie, et surtout vous levez la dominance du bourgeon terminal. Les bourgeons latéraux situés à l’aisselle des feuilles sous la coupe se réveillent, produisent de nouvelles pousses, et ce sont ces pousses qui porteront les fleurs suivantes. Sans taille, la plante s’étire sur une seule tige et ne refleurit pratiquement jamais.

Où couper exactement

Le geste précis compte. Je remonte le long de la hampe défleurie jusqu’à trouver la première paire de vraies feuilles, puis je coupe environ un centimètre au-dessus de la deuxième paire de feuilles en descendant. On enlève donc toute la partie florale plus un petit morceau de tige feuillée, pas seulement les fleurs sèches du bout.

Utilisez des ciseaux ou un sécateur propres, essuyés à l’alcool si vous venez de tailler une autre plante. Ne coupez jamais au ras du feuillage, en pleine tige nue : vous supprimeriez les bourgeons dont vous avez besoin. Et laissez la coupe sécher à l’air, sans mastic ni pansement, une plante grasse cicatrise très bien toute seule.

Le calendrier réel : comptez six à dix semaines

On lit parfois qu’il refleurit en trois semaines. C’est faux dans une maison normale. Après la taille, il faut d’abord que les bourgeons latéraux démarrent, ce qui prend deux à trois semaines, puis que ces pousses s’allongent, puis que les boutons se forment. Chez moi, entre le coup de ciseaux et les premières corolles ouvertes, il s’écoule six à dix semaines selon la saison.

Ce délai s’allonge encore si vous taillez en plein hiver dans une pièce peu lumineuse. La meilleure période est la fin de l’hiver ou le début du printemps, juste après la floraison offerte, quand les jours rallongent. Une taille faite en octobre donne des résultats médiocres et vous fera rater la floraison naturelle de la fin d’hiver.

Après la taille, la plante doit se reposer

Juste après avoir coupé, ne cherchez pas à relancer la machine. Je réduis les arrosages pendant trois à quatre semaines, je supprime tout engrais, et je laisse la plante dans un endroit lumineux mais frais, autour de 15 à 18 °C si c’est possible. Ce repos correspond à ce qu’elle vit dans son milieu d’origine après la saison des pluies.

C’est contre-intuitif, on a envie d’aider en arrosant plus. Un kalanchoé qu’on gorge d’eau juste après la taille répond par de longues pousses molles et vertes, très jolies mais qui ne fleuriront pas. Un peu de sécheresse et de fraîcheur, au contraire, prépare des tiges courtes et trapues, exactement le support qu’il faut pour des boutons.

Puis on relance, avec un engrais pauvre en azote

Au bout d’un mois, quand les nouvelles pousses font trois ou quatre centimètres, je remets la plante en pleine lumière, derrière une fenêtre est ou sud filtrée par un voilage, et je reprends un arrosage normal. C’est là que l’engrais reprend son intérêt, à condition de choisir le bon.

Un engrais riche en azote fabrique des feuilles, pas des fleurs. Je prends un engrais pour plantes fleuries ou pour cactées, plus riche en potassium, dilué à la moitié de la dose indiquée, toutes les deux semaines pendant la période de croissance. Rien du tout pendant la floraison elle-même ni pendant le repos qui suit.

L’arrosage d’une plante grasse

On oublie souvent que le kalanchoé est une crassulacée, avec des feuilles épaisses qui stockent l’eau. Il pardonne un oubli de trois semaines et pas un excès d’une semaine. J’arrose seulement quand le substrat est sec sur toute sa hauteur, ce que je vérifie en soulevant le pot : léger, j’arrose ; encore lourd, j’attends.

Cela donne, dans mon salon, un arrosage tous les dix à quinze jours au printemps et en été, et toutes les trois à quatre semaines en hiver. Je verse l’eau sur le substrat et jamais dans le cœur de la rosette, où elle stagne entre les feuilles serrées et fait pourrir le collet. La soucoupe est vidée systématiquement.

Pincer les tiges pour un pied compact

La taille des fleurs fanées peut se doubler d’un pincement des pousses trop longues au cours du printemps. Je pince simplement l’extrémité de chaque tige entre deux ongles, au-dessus d’une paire de feuilles, dès qu’elle dépasse une dizaine de centimètres. Chaque pincement crée deux ramifications.

Deux ou trois pincements successifs d’avril à juillet transforment un pied dégingandé en boule dense. Attention à arrêter début août : chaque pincement retarde la floraison d’environ un mois, et pincer en automne revient à supprimer les bourgeons qui allaient donner les fleurs. C’est l’erreur que j’ai faite ma deuxième année.

Ce que la taille ne peut pas faire

Il faut être honnête sur les limites de l’exercice. Couper les fleurs fanées prépare le terrain, mais le déclenchement de la floraison chez le kalanchoé dépend d’un autre facteur, la longueur de la nuit. C’est une plante de jours courts : elle ne forme des boutons que lorsqu’elle reçoit de longues nuits ininterrompues, pendant plusieurs semaines d’affilée.

  • une plante taillée mais posée toute l’année dans un salon éclairé jusqu’à minuit refleurira mal, voire pas du tout
  • une plante taillée puis placée dans une pièce peu utilisée le soir refleurit souvent toute seule en fin d’hiver
  • si votre pièce est allumée tard, il faudra organiser des nuits noires artificielles pour obtenir des boutons
  • la taille reste indispensable dans tous les cas : sans pousses neuves, il n’y a pas de support pour les fleurs

Les boutures des chutes de taille

Ne jetez pas les morceaux coupés qui portent des feuilles. Le kalanchoé se bouture avec un taux de réussite proche de cent pour cent. Je retire les feuilles du bas, je laisse la tige sécher à l’air libre deux à trois jours pour que la plaie se referme, puis je la plante dans un mélange de terreau et de sable à peine humide.

Ensuite, je n’arrose pas pendant une semaine, ce qui surprend toujours. Une bouture de plante grasse plantée dans un substrat détrempé pourrit avant d’avoir enraciné. Les racines apparaissent en deux à trois semaines, et le jeune plant fleurit dès l’hiver suivant s’il reçoit ses nuits longues.

La plante est toxique pour les chats et les chiens

Ce point mérite d’être dit clairement, parce qu’on l’ignore souvent en offrant ce pot. Les kalanchoés contiennent des substances qui agissent sur le cœur et l’ingestion de feuilles ou de fleurs peut provoquer des troubles digestifs puis cardiaques chez un chat ou un chien. Ce n’est pas une plante à mâchouiller, ni pour un animal ni pour un enfant, et elle n’a aucun usage alimentaire.

En pratique, je pose les pots en hauteur et je ramasse soigneusement les feuilles et les fleurs tombées au moment de la taille, parce que ce sont elles que les animaux trouvent au sol. Si votre chat a mangé un morceau de la plante, appelez un vétérinaire sans attendre les symptômes plutôt que de chercher une solution maison.

Le conseil de Sophie. Prenez l’habitude de couper la hampe défleurie le jour même où la dernière fleur du bouquet se fane : c’est cinq secondes de travail, et c’est la différence entre une plante jetée en mars et une plante qui refleurit chaque hiver.

Sophie Lemoine
Sophie Lemoine

Je cultive 180 m² de potager en Anjou, sans engrais de synthèse, et je raconte ici ce qui marche vraiment — y compris mes ratés.

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