Plantes d'intérieur qui fleurissent en hiver : les 6 à acheter en novembre

Plantes d’intérieur qui fleurissent en hiver : les 6 à acheter en novembre

Novembre, c’est le mois où l’on rentre à dix-sept heures dans le noir et où le salon paraît d’un coup très vide. C’est aussi le seul moment de l’année où les jardineries proposent des plantes capables de fleurir deux à quatre mois d’affilée, et non quinze jours. Encore faut-il choisir celles qui tiennent dans un logement chauffé.

Pourquoi novembre plutôt que décembre

En décembre, les rayons débordent, mais les plantes ont souvent passé dix à quinze jours en magasin surchauffé, sous des spots, près d’une porte automatique. En novembre, les arrivages sont récents, les boutons à peine formés, et vous récupérez la floraison entière au lieu de sa deuxième moitié. Chez moi, cela fait trois à six semaines de fleurs en plus, pour le même prix.

Il y a aussi une raison prosaïque. En novembre, on trouve encore des plantes nues, qu’on peut retourner, soupeser, regarder par-dessous. À partir du 10 décembre, tout est emballé dans un manchon doré avec un ruban, et vous achetez à l’aveugle. Je fais mes achats entre le 5 et le 25 novembre, et je m’y tiens.

L’amaryllis, le maximum d’effet pour le minimum de soins

Un bulbe d’hippeastrum acheté sec en novembre fleurit six à dix semaines plus tard, donc en plein cœur de l’hiver. Choisissez-le lourd, ferme, sans moisissure au plateau racinaire, et d’au moins 26 centimètres de circonférence : c’est lui qui contient les hampes, pas le terreau. Un gros bulbe donne deux hampes de quatre fleurs, un petit se contente d’une.

On l’enterre au tiers seulement, dans un pot à peine plus large, deux centimètres de jeu de chaque côté. On arrose très peu tant que la hampe n’a pas dix centimètres, sinon le bulbe pourrit avant de démarrer. Trop de chaleur allonge la tige et la fait basculer : je descends la mienne à 16 °C dès la première fleur ouverte, et la floraison tient presque deux fois plus longtemps.

Le cyclamen de Perse, à condition de le garder au frais

C’est la plante que j’ai le plus vue mourir chez les autres, toujours pour la même raison : on la pose sur la table basse du salon, à 21 °C. C’est une plante méditerranéenne d’hiver, qui fleurit de novembre à mars entre 12 et 16 °C. Au-dessus de 18 °C, les boutons avortent au lieu de s’ouvrir et les feuilles jaunissent en dix jours.

Chez moi, il passe l’hiver sur l’appui d’une fenêtre de chambre non chauffée et fleurit jusqu’en avril. On l’arrose par le bas, vingt minutes dans une coupelle, jamais au cœur du tubercule. Les fleurs fanées se retirent d’un coup sec à la base, sans ciseaux : un moignon coupé pourrit. Réserve utile, le tubercule est toxique et ne se consomme pas.

Le phalaenopsis, mal aimé parce que mal compris

On lui reproche d’être partout, mais c’est la meilleure affaire du rayon : deux à trois mois de fleurs, parfois quatre, pour un arrosage tous les huit à douze jours. Prenez-la avec trois ou quatre boutons encore fermés en haut de la hampe et des racines vertes ou argentées visibles à travers le pot transparent. Des racines brunes et molles, c’est déjà perdu.

Il lui faut une lumière vive sans soleil direct de midi, 18 à 24 °C, et surtout pas d’eau stagnante dans le cache-pot. Je sors le pot transparent, je le trempe dix minutes dans un saladier d’eau tiède, je laisse égoutter un quart d’heure, puis je le remets. Aucun engrais pendant la floraison achetée : la plante a été nourrie en serre.

Le cactus de Noël, celui qui vous enterrera

Le schlumbergera n’est pas un cactus de désert, et c’est là que tout le monde se trompe : il vient des forêts humides du Brésil, pousse sur des branches, et veut de l’ombre claire avec un substrat qui reste légèrement frais. Traité en cactus, il se ratatine ; traité en plante de sous-bois, il fleurit chaque année pendant vingt ans.

Un point pratique compte plus que tous les autres : une fois les boutons formés, on ne tourne plus le pot. Un quart de tour suffit à faire tomber la moitié des boutons, parce que la plante réoriente ses tiges vers la lumière et abandonne ce qui la gêne. Je marque discrètement le devant du pot au crayon en novembre et je n’y touche plus.

Le kalanchoé, deux mois de fleurs pour trois euros

C’est ce que je conseille aux gens qui font mourir tout ce qu’ils touchent. Le kalanchoé de Blossfeld est une plante grasse : ses feuilles épaisses stockent l’eau, il pardonne les oublis et déteste l’excès. Un arrosage tous les dix à quinze jours dans une pièce à 18-20 °C, près d’une fenêtre lumineuse, et il tient huit à dix semaines.

Le geste qui change tout, c’est de couper les ombelles fanées à leur base au fur et à mesure, sans attendre que tout soit sec : la plante relance alors une deuxième vague de boutons au lieu de faire des graines. Le terreau vendu avec est souvent trop tourbeux ; si je garde la plante, je la rempote au printemps moitié terreau, moitié sable grossier.

L’azalée d’intérieur, superbe et capricieuse

Elle est spectaculaire et elle ne pardonne rien. Elle veut du frais, 12 à 16 °C, une lumière vive, un substrat qui ne sèche jamais complètement mais ne baigne jamais non plus. Dans un salon à 21 °C avec chauffage central, elle tient trois semaines et laisse tomber ses fleurs d’un coup. C’est une plante d’entrée non chauffée ou de chambre fraîche, pas de table de salle à manger.

Elle déteste aussi le calcaire : arrosée à l’eau du robinet dure, elle jaunit entre les nervures en deux mois. J’utilise de l’eau de pluie et je trempe le pot dix minutes une à deux fois par semaine. Comme le cyclamen, elle ne se consomme sous aucune forme : la plante entière est toxique, feuilles comprises.

Ce que je vérifie avant de passer en caisse

Trente secondes d’examen évitent deux mois de déception. Je regarde toujours les mêmes points, dans le même ordre, et je repose la plante sans état d’âme si l’un d’eux cloche.

  • Des boutons fermés en quantité : au moins un tiers de la plante, sinon vous achetez la fin du spectacle.
  • Le dessous des feuilles, à la recherche de cochenilles farineuses et de fines toiles de tétranyques.
  • Le poids du pot : trop léger, la motte est desséchée ; trop lourd et détrempé, les racines ont déjà souffert.
  • L’emplacement : jamais une plante posée à moins de trois mètres d’une porte d’entrée ou sur un présentoir extérieur.

Du magasin au salon, puis tout l’hiver

Le trajet est le moment où l’on perd le plus de plantes, et personne n’y pense. Dix minutes dans un coffre à 4 °C provoquent un choc dont les signes n’apparaîtront que cinq jours plus tard. Faites emballer la plante même pour cinq minutes, transportez-la dans l’habitacle, pas devant la bouche de chauffage, et laissez-la une heure dans son manchon avant de la déballer.

Ensuite, la règle d’hiver tient en une phrase : moins d’eau, mais mieux. La lumière chute, la plante consomme deux à trois fois moins qu’en juin, et garder le rythme de l’été est la première cause de mortalité entre décembre et février. Soupesez le pot plutôt que d’enfoncer un doigt, arrosez à l’eau tempérée, videz la soucoupe un quart d’heure après.

Le conseil de Sophie. Achetez deux plantes plutôt qu’une seule grosse : groupées sur un même plateau, elles se fabriquent un microclimat plus humide et supportent bien mieux l’air sec du chauffage.

Sophie Lemoine
Sophie Lemoine

Je cultive 180 m² de potager en Anjou, sans engrais de synthèse, et je raconte ici ce qui marche vraiment — y compris mes ratés.

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