Chlorophytum : les bébés au bout des tiges se plantent directement

Chlorophytum : les bébés au bout des tiges se plantent directement

Les petites rosettes qui pendent au bout des longues tiges d’un chlorophytum sont des plantes complètes. Elles se repiquent en cinq minutes.

Deux méthodes, une préférée

On peut couper le bébé et le mettre à l’eau, mais le taux de reprise est meilleur en le laissant attaché à la mère pendant l’enracinement : il continue d’être nourri pendant qu’il fait ses racines.

Le marcottage sur place

  • Posez un petit pot de terreau à côté de la plante mère.
  • Installez la rosette dessus, base au contact du terreau.
  • Maintenez avec un trombone ouvert en épingle.
  • Gardez humide deux à trois semaines, puis coupez la tige.

Directement en terre

Si le bébé a déjà des racines de deux centimètres, on peut le couper et le planter tout de suite. Il reprend en une semaine sans broncher.

Le conseil de Sophie. Un pied mère produit des dizaines de rejets par an. C’est la plante idéale pour offrir : chaque bébé repiqué en février fait un cadeau prêt en avril.

Ces petites touffes qui pendent au bout des longues tiges arquées ne sont pas décoratives : ce sont des plants complets, prêts à s’enraciner. Beaucoup de gens les mettent dans un verre d’eau par habitude. C’est la méthode la plus lente et la moins solide, et il y a bien mieux à faire.

Pourquoi votre chlorophytum fait des bébés

Le chlorophytum se multiplie par stolons, ces longues tiges fines qui partent de la touffe, portent parfois de petites fleurs blanches, puis forment un plantule à leur extrémité. C’est une stratégie de colonisation : dans la nature, le stolon se couche, la plantule touche le sol, s’enracine, et la plante gagne du terrain sans passer par la graine.

Deux conditions déclenchent le phénomène chez nous. La plante doit être adulte et bien installée, souvent avec des racines qui remplissent le pot, et les journées doivent raccourcir. La formation des stolons est favorisée par des nuits longues, ce qui explique pourquoi les rejets apparaissent surtout de la fin de l’été au milieu de l’automne, et rarement en plein juin.

Repérer un bébé bon à planter

Tous les rejets ne se valent pas. Choisissez ceux qui mesurent au moins cinq centimètres d’envergure, avec quatre à six feuilles déjà formées, et surtout regardez la base : vous devez y voir de petits renflements blancs ou beiges, parfois de courtes racines aériennes de quelques millimètres. Ce sont des racines en attente, prêtes à démarrer.

Une plantule minuscule à deux feuilles, sans aucun renflement, mettra deux mois à faire quoi que ce soit et pourrira une fois sur deux. Laissez-la grossir sur la plante mère encore trois ou quatre semaines, cela ne coûte rien. Un rejet qui a déjà des racines aériennes de deux centimètres, lui, s’installe en une dizaine de jours.

La méthode que je préfère : enraciner sans couper

Le principe est de laisser le bébé attaché à sa mère pendant qu’il s’enracine. Tant que le stolon est intact, la plante mère continue de nourrir et d’hydrater la plantule, qui ne subit aucun stress. Elle peut donc consacrer toute son énergie à fabriquer des racines au lieu de survivre à une séparation.

Concrètement, je pose un petit pot rempli de terreau à côté ou en dessous du pot mère, sur un tabouret ou une pile de livres si nécessaire, et j’y installe la plantule sans sectionner le stolon. En deux à trois semaines, elle est autonome. La reprise est proche de cent pour cent, contre nettement moins avec les autres méthodes.

Le geste, pas à pas

  • Remplissez un pot de 8 à 10 cm de terreau pour plantes vertes, humidifié mais pas détrempé, et creusez une petite cuvette au centre.
  • Posez la base du bébé dans la cuvette, en veillant à ce que les renflements blancs touchent bien la terre, sans enterrer le cœur des feuilles.
  • Bloquez-le avec une épingle à cheveux ou un trombone déplié en U, planté à cheval sur le stolon juste derrière la plantule.
  • Arrosez d’un filet d’eau au pied, placez le tout en lumière vive indirecte, et gardez le terreau légèrement humide sans jamais le noyer.

Le maintien mécanique est le point clé : une plantule qui bascule ou se soulève à chaque arrosage ne s’enracine pas, parce que ses racines naissantes se cassent en permanence.

Le test de la traction douce

Au bout de quinze jours, tirez très légèrement sur la plantule, comme si vous vouliez la soulever d’un millimètre. Si elle résiste, les racines ont pris. Si elle vient sans effort, remettez l’épingle et attendez une semaine de plus. Ce test simple évite de couper trop tôt, qui est l’erreur la plus coûteuse.

Une fois la résistance obtenue, comptez encore trois à quatre jours de sécurité, puis séparez. Ne coupez jamais en même temps que vous posez la plantule dans le terreau : c’est précisément à ce moment-là qu’elle a le plus besoin de sa mère.

Où couper le stolon, des deux côtés

Du côté du bébé, coupez à un centimètre de sa base, avec des ciseaux propres. Le petit bout de stolon qui reste sèchera tout seul et se détachera. N’essayez pas de raser au ras du collet, vous entameriez les tissus de la jeune plante.

Du côté de la mère, suivez le stolon jusqu’à son point de départ, au cœur de la touffe, et coupez-le là. Un stolon laissé entier reste vert plusieurs semaines et continue de consommer de la sève pour rien. Si la même tige portait deux ou trois plantules en chapelet, traitez-les toutes avant de supprimer la tige.

L’eau du verre : ça marche, mais ça coûte deux semaines

Il faut être juste : mettre une plantule dans un verre d’eau fonctionne, on voit des racines en huit à douze jours, et c’est spectaculaire à regarder. Le problème vient après. Les racines formées dans l’eau ont une structure différente, plus fine, plus fragile, avec moins de poils absorbants, parce qu’elles n’ont jamais eu à chercher l’humidité.

Au rempotage, une bonne partie de ces racines meurt et la plante doit en refabriquer d’autres, adaptées à la terre. Cela se traduit par deux semaines d’arrêt, parfois des feuilles molles ou jaunes. Si vous tenez à cette méthode, rempotez dès que les racines atteignent deux centimètres, pas cinq, et maintenez le terreau franchement humide les dix premiers jours.

Terreau, pot et arrosage des premiers jours

Un terreau ordinaire pour plantes d’intérieur convient, éventuellement allégé d’un peu de sable grossier. Inutile de chercher un mélange sophistiqué : le chlorophytum est une des plantes les plus accommodantes qui soient. Le pot doit être petit, percé, et jamais posé dans une soucoupe qui reste pleine.

Les deux premières semaines, visez un terreau humide comme une éponge essorée, ni sec ni gorgé. Ensuite, revenez au régime normal : on laisse sécher les trois premiers centimètres entre deux arrosages. Pas d’engrais avant six semaines. Le meilleur moment pour toute l’opération va de mars à septembre, quand la lumière et la chaleur permettent un enracinement rapide.

Les chats et le chlorophytum

C’est la plante que les chats adorent mâchouiller, et cela mérite une mise au point. Le chlorophytum ne figure pas parmi les plantes toxiques, mais un chat qui en ingère une bonne quantité vomit souvent, ce qui est désagréable pour tout le monde et peut masquer un autre problème de santé.

Placez donc vos pots et vos plantules en hauteur, hors de portée. Et ne considérez jamais cette plante comme comestible, ni pour l’animal ni pour vous : rien dans ce feuillage n’a vocation à être mangé, et je ne conseille aucun usage alimentaire ou médicinal d’une plante d’ornement.

Le conseil de Sophie. Posez le petit pot en surélévation contre le pot mère plutôt qu’au sol : le stolon reste détendu, la plantule ne tire pas dessus, et vous arrosez les deux en un seul geste.

Sophie Lemoine
Sophie Lemoine

Je cultive 180 m² de potager en Anjou, sans engrais de synthèse, et je raconte ici ce qui marche vraiment — y compris mes ratés.

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