Balcon nord : les 5 fleurs qui acceptent une heure de soleil

Balcon nord : les 5 fleurs qui acceptent une heure de soleil

On m’a répété pendant des années qu’un balcon nord était condamné aux hostas et à la résignation. C’est faux, et je l’ai vérifié sur celui de ma sœur à Nantes, qui reçoit exactement une heure de soleil rasant en fin d’après-midi de mai à août. Il est aujourd’hui plus fleuri que le mien, plein sud, en plein mois d’août.

Une heure de soleil direct, ce n’est pas la bonne mesure

La plupart des gens jugent leur balcon au nombre d’heures où le soleil tape directement dessus. C’est un mauvais indicateur. Ce qui compte pour une plante, c’est la quantité totale de lumière reçue, et une exposition nord bien dégagée, face au ciel ouvert, peut recevoir bien plus de lumière qu’un balcon sud écrasé sous un auvent profond.

La différence se voit à l’œil nu : sur un balcon nord dégagé, on lit un journal sans allumer à midi. Sur un balcon nord fermé par un bâtiment à dix mètres, on ne lit pas. Le premier fera fleurir des fuchsias et des bégonias ; le second se contentera de feuillages, et il faut l’accepter dès le départ.

Mesurer réellement ce que vous avez

Faites le test un jour de beau temps, en trois relevés : à 9 heures, à 14 heures et à 18 heures. Notez où passe le soleil direct, combien de temps, et à quel endroit précis du balcon. Sur un balcon nord, le soleil arrive souvent tôt le matin et tard le soir, en rasant, sur une bande étroite près du garde-corps.

Cette bande vaut de l’or. C’est là qu’iront les plantes les plus exigeantes, quitte à déplacer les pots en juin quand la course du soleil est la plus haute. Le fond du balcon, contre le mur, reçoit deux à trois fois moins de lumière et n’accueillera que des feuillages d’ombre.

L’impatiens, la reine incontestée

Aucune plante ne fleurit aussi longtemps avec aussi peu de soleil. L’impatiens de Nouvelle-Guinée, avec ses grandes fleurs et son feuillage épais, tient de mai aux premières gelées et forme une boule de 30 à 40 centimètres. L’impatiens classique, plus petite, se contente de conditions encore plus sombres et se ressème parfois seule dans les bacs.

Sa seule exigence est l’eau : ses tiges gorgées d’eau s’effondrent en quelques heures dès que la terre sèche, même si elle se relève après un arrosage. Un terreau enrichi de compost et un arrosage tous les deux jours en été suffisent. Évitez de mouiller le feuillage le soir, ce qui favorise le botrytis.

Le fuchsia, fait pour la mi-ombre

Le fuchsia est une plante de sous-bois qui souffre au soleil direct de l’après-midi. Sur un balcon nord, il est enfin dans son élément : floraison continue de juin à octobre, port retombant pour les variétés à suspension, port buissonnant pour les autres. Certaines variétés rustiques passent même l’hiver dehors si le pot est protégé.

Il demande un substrat qui reste frais sans être détrempé, et un engrais fleurs toutes les deux semaines pendant la floraison. Supprimez les fruits qui se forment après les fleurs fanées : tant que la plante fabrique des graines, elle ralentit sa production de nouveaux boutons.

Les bégonias, la fiabilité pure

Le bégonia tubéreux donne les fleurs les plus spectaculaires en situation ombragée, jusqu’à dix centimètres de diamètre, en jaune, orange, rouge ou blanc, avec des variétés retombantes très efficaces en suspension. Le bégonia semperflorens, plus modeste, fleurit sans interruption tout l’été et supporte des conditions difficiles.

Les tubercules se conservent d’une année sur l’autre : on les rentre en octobre au sec et hors gel, on les redémarre en mars. C’est la plante la plus économique de cette liste sur trois ans. Attention simplement à ne jamais laisser d’eau stagner dans la soucoupe, le tubercule pourrit très vite.

L’hortensia en pot, à condition de choisir le bon

L’hortensia est fait pour l’ombre légère et brûle au soleil de l’après-midi. En bac de 40 centimètres minimum, avec un terreau de type terre de bruyère, il fleurit de juin à septembre et sèche ensuite en bouquets qui restent décoratifs jusqu’en hiver. Les variétés à petit développement conviennent mieux au balcon que les grands hortensias de jardin.

Son point faible est l’eau : c’est un gouffre, un grand sujet en pot peut boire trois litres par jour en pleine chaleur. Si vous vous absentez souvent, prenez un bac à réserve, ou remplacez-le par un astilbe, moins gourmand et tout aussi à l’aise au nord avec ses plumeaux roses et blancs.

Les feuillages qui font le décor entre les floraisons

Une erreur classique au nord consiste à ne planter que des fleurs, ce qui donne un balcon vide dès octobre. Les feuillages d’ombre assurent la structure toute l’année et mettent les floraisons en valeur.

Voici ceux qui m’ont donné les meilleurs résultats en bac, sans soleil direct :

  • l’heuchère, en feuillage pourpre, ambre ou vert lime, persistant sous nos climats doux
  • le hosta, spectaculaire de mai à septembre, à protéger des limaces qui montent le long des pots
  • la fougère dryoptéris, indestructible, qui supporte même le fond du balcon
  • le carex panaché, léger, qui apporte du mouvement et reste vert l’hiver
  • le lierre, pour couvrir un garde-corps sans entretien

Ce qui échoue systématiquement au nord

Ne perdez ni argent ni patience avec les pétunias, les géraniums, la lavande, le romarin, les tomates et les poivrons : ils ont besoin de six heures de soleil direct minimum. Au nord, ils filent en tiges longues et molles, fleurissent à peine ou pas du tout, et attrapent l’oïdium avant la fin juillet.

Les vendeurs les proposent quand même, parce qu’ils se vendent bien. Une étiquette « mi-ombre » désigne en général trois à quatre heures de soleil, pas une heure. Fiez-vous davantage à l’origine de la plante : celles de sous-bois tempérés réussissent au nord, celles de garrigue jamais.

Arroser moins, pas plus, c’est le vrai piège

Le réflexe est d’arroser comme sur un balcon sud. C’est l’erreur la plus commune. Sans soleil direct, l’évaporation est deux à trois fois plus faible, et un substrat qui reste humide en permanence fait pourrir les racines. Sur le balcon nord de ma sœur, un arrosage tous les trois jours suffit en juillet, contre un quotidien chez moi.

Le drainage devient donc essentiel : trous largement dimensionnés, pot surélevé sur deux cales pour que l’eau s’écoule vraiment, et surtout jamais de soucoupe pleine. Un mélange de terreau avec une poignée de sable grossier ou de perlite par bac évite l’asphyxie sur les plantes sensibles.

Deux réflexes qui changent tout au nord

Peignez ou choisissez clair tout ce qui entoure les plantes. Un mur blanc, un sol clair, un panneau peint en blanc cassé au fond du balcon renvoient une quantité de lumière étonnante. Chez ma sœur, repeindre le mur du fond a suffi à faire fleurir des bégonias qui végétaient depuis deux ans au même endroit.

Enfin, nettoyez régulièrement les feuilles poussiéreuses en ville d’un coup d’éponge humide, et surveillez limaces et escargots, qui prospèrent dans la fraîcheur d’un balcon nord et montent volontiers dans les pots la nuit après un arrosage du soir.

Le conseil de Sophie. Faites vos arrosages le matin sur un balcon nord, jamais le soir : le feuillage n’a pas le temps de sécher avant la nuit et vous fabriquez de l’oïdium et de la pourriture grise en trois semaines.

Sophie Lemoine
Sophie Lemoine

Je cultive 180 m² de potager en Anjou, sans engrais de synthèse, et je raconte ici ce qui marche vraiment — y compris mes ratés.

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