7 plantes d'intérieur impossibles à tuer, même sans la main verte

7 plantes d’intérieur impossibles à tuer, même sans la main verte

On me demande souvent une plante qu’on ne peut pas tuer. Elle n’existe pas : j’ai vu mourir des sansevierias, des cactus, et même un zamioculcas censé survivre à tout. En revanche, il existe des plantes qui pardonnent l’oubli, la lumière médiocre et les erreurs de débutant, et ce sont celles-là que je conseille quand quelqu’un veut commencer sans se décourager.

Ce qui tue vraiment les plantes d’intérieur

Dans quatre cas sur cinq, ce n’est pas la sécheresse, c’est l’excès d’eau. Des racines noyées ne respirent plus, pourrissent, et la plante meurt de soif au milieu d’un terreau détrempé, ce qui pousse le propriétaire à arroser encore davantage. Le deuxième tueur, c’est le manque de lumière : une plante placée à quatre mètres d’une fenêtre reçoit une fraction dérisoire de ce qu’elle reçoit à cinquante centimètres.

Les plantes qui suivent partagent donc trois traits : elles stockent de l’eau ou supportent de sécher, elles poussent lentement, et elles tolèrent une lumière indirecte modeste. Aucune ne survit dans un placard, aucune n’apprécie de tremper. Toutes se contentent d’un pot percé, d’un terreau ordinaire allégé d’une poignée de perlite ou de sable grossier, et d’une attention mensuelle.

Le sansevieria, celui que j’oublie sans conséquence

Ses feuilles dressées et coriaces sont des réservoirs. Chez moi, il reçoit de l’eau toutes les trois semaines en été et toutes les six à huit semaines de novembre à février, et il continue à pousser. Il accepte une lumière franche comme une pièce moyennement éclairée, même s’il pousse alors très lentement, et il supporte l’air sec du chauffage sans broncher.

Son seul point faible est le froid humide : sous 10 degrés dans un terreau mouillé, la base des feuilles ramollit et brunit. Si cela arrive, coupez la feuille atteinte à ras et laissez sécher trois semaines. Comme beaucoup de plantes d’intérieur, il n’est pas comestible et peut irriter la bouche et le tube digestif : gardez-le hors de portée des jeunes enfants et des chats mordilleurs.

Le zamioculcas, roi des couloirs sombres

Ses tiges épaisses et ses rhizomes charnus stockent assez d’eau pour tenir deux mois. C’est la plante que je place dans les endroits où rien d’autre ne tient : un palier, un coin de bureau à deux mètres de la fenêtre, une salle de bains avec un jour indirect. Son feuillage vernissé reste beau des années sans soin particulier.

En contrepartie, il déteste la générosité. Un zamioculcas arrosé chaque semaine jaunit à la base, ses tiges se couchent et les rhizomes deviennent mous et malodorants. Je le laisse sécher complètement, je vérifie le poids du pot, et je n’arrose qu’ensuite : toutes les trois à quatre semaines en été, une fois par mois et demi en hiver. Lui aussi est toxique en cas d’ingestion.

Le pothos, la plante que l’on donne à ses amis

Ses tiges retombantes s’allongent de plusieurs dizaines de centimètres par an, même dans une pièce moyennement lumineuse, et elle vous prévient franchement quand elle a soif : le feuillage s’affaisse d’un coup, puis se redresse deux heures après l’arrosage. Peu de plantes envoient un signal aussi lisible, ce qui en fait un excellent apprentissage pour un débutant.

Elle se bouture avec une facilité déconcertante. Coupez un morceau de tige juste sous un nœud, avec deux ou trois feuilles, mettez-le dans un verre d’eau à la lumière, et des racines apparaissent en une à trois semaines. Vous pouvez ensuite le rempoter, ou en glisser trois boutures dans le pot mère pour l’épaissir. Ses variétés panachées perdent leurs marbrures si la lumière manque : rapprochez-la de la fenêtre.

Le chlorophytum, la sentinelle qui parle

Cette plante à longues feuilles rubanées, souvent bordées de crème, pousse vite et produit des stolons portant des rosettes prêtes à s’enraciner. Elle supporte des oublis d’arrosage, des rempotages tardifs et un emplacement médiocre, tout en gardant une allure convenable, ce qui est rare.

Elle a surtout un mérite pédagogique : elle réagit avant les autres. Des pointes brunes et sèches signalent presque toujours un air très sec, un excès d’engrais ou une eau très calcaire ; un cœur mou signale un excès d’eau. Je m’en sers de témoin dans chaque pièce. Coupez les pointes abîmées en biais avec des ciseaux propres, en suivant la forme de la feuille, cela ne se voit pas.

L’aspidistra, increvable et démodée à tort

On l’appelait la plante des concierges parce qu’elle survivait dans les entrées sombres, poussiéreuses et mal chauffées du siècle dernier. C’est toujours vrai : elle tolère 8 degrés l’hiver, une lumière très faible, et des mois sans soin. Son feuillage vert profond, large et dressé, donne une présence que beaucoup de plantes à la mode n’ont pas.

Son défaut est sa lenteur : elle produit deux à cinq feuilles par an, pas davantage, et une plante fournie coûte cher pour cette raison. Achetez-la d’emblée dans un pot bien garni, arrosez-la quand les deux premiers centimètres sont secs, dépoussiérez ses feuilles deux fois par an, et vous la garderez trente ans. Le seul moyen de la tuer, c’est de la laisser dans une soucoupe pleine.

Le philodendron à feuilles en cœur et l’aglaonema

Le philodendron grimpant ressemble au pothos, avec des feuilles plus souples et plus foncées. Il supporte les mêmes conditions, se bouture pareillement, et accepte d’être conduit sur un fil tendu le long d’un mur. L’aglaonema, lui, apporte de la couleur : ses variétés panachées de crème, d’argent ou de rose tiennent dans une lumière indirecte où presque aucune plante colorée ne tient.

Ces deux-là craignent surtout le froid : sous 15 degrés, l’aglaonema montre des taches grises et translucides qui ne partent plus. Évitez donc les rebords de fenêtre en hiver et les couloirs d’entrée. Comme les précédentes, ce sont des plantes ornementales et non comestibles : leur sève irrite la peau sensible, un rinçage à l’eau suffit après une taille.

Ce que « facile » ne veut pas dire

Facile ne veut pas dire immortel. Une plante robuste ne peut toujours pas photosynthétiser dans le noir, ni survivre les racines dans l’eau, ni se remettre d’un pot sans trou de drainage. Et une plante robuste négligée pendant deux ans ne meurt pas : elle devient dégarnie et penchée, ce qui décourage tout autant. Voici ce qu’aucune de ces sept plantes ne pardonne.

  • un cache-pot sans écoulement, dans lequel l’eau s’accumule sans qu’on la voie pendant des mois
  • une soucoupe laissée pleine après chaque arrosage, la première cause de racines pourries
  • un emplacement à plus de trois mètres de toute fenêtre, où même l’aspidistra finit par s’épuiser
  • l’absence totale d’inspection : deux minutes par mois sous les feuilles suffisent à éviter une invasion de cochenilles

Par quoi commencer si vous n’avez jamais réussi

Prenez deux plantes, pas huit. Placez-les à moins d’un mètre cinquante d’une fenêtre, dans des pots percés posés sur soucoupe, et fixez-vous un unique rendez-vous hebdomadaire pour les regarder sans forcément les arroser. C’est la fréquence de l’attention qui compte, pas la fréquence de l’eau.

Je conseille presque toujours le duo pothos et sansevieria : le premier vous apprend à lire une plante qui a soif, le second vous apprend à ne rien faire. Entre les deux, vous couvrez les deux erreurs les plus fréquentes, et vous saurez au bout de six mois si vous préférez les plantes qui poussent vite ou celles qui vous laissent tranquille.

Le conseil de Sophie. Avant d’acheter, retournez le pot en magasin : si des racines brunes et molles sortent des trous, reposez-le, aucune facilité de culture ne rattrape une plante déjà noyée en serre.

Sophie Lemoine
Sophie Lemoine

Je cultive 180 m² de potager en Anjou, sans engrais de synthèse, et je raconte ici ce qui marche vraiment — y compris mes ratés.

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