Olivier en pot qui ne pousse pas : le pot est trop grand, voici la bonne taille

Olivier en pot qui ne pousse pas : le pot est trop grand, voici la bonne taille

Un olivier acheté en 2019, rempoté aussitôt dans un très beau bac de 70 cm, et sept ans plus tard il avait pris quinze centimètres. Quinze. Pendant ce temps, celui de ma voisine, dans un pot deux fois plus petit, avait doublé de volume. Le coupable était sous mes yeux depuis le début : le contenant.

Le symptôme : un arbre figé

Un olivier bloqué ne meurt pas, c’est ce qui rend le diagnostic long. Il garde ses feuilles, elles restent vertes, un peu ternes, un peu plus petites chaque année. Les pousses de printemps font 3 ou 4 cm au lieu de 15 à 25. Rien n’alerte vraiment, sauf qu’au bout de trois ans on s’aperçoit que la photo de l’an dernier est identique à celle d’aujourd’hui.

Le second signe est le temps de séchage du substrat. Un olivier en pot correctement dimensionné assèche sa motte en trois à cinq jours en été. Si votre terre reste humide dix jours après un arrosage, en pleine saison de croissance, ce n’est pas que vous arrosez trop : c’est qu’il y a trop de terre pour trop peu de racines.

Ce que fait réellement un pot trop grand

Une racine ne colonise pas un volume de terre instantanément. Tant qu’elle n’y est pas, cette terre reste gorgée d’eau après chaque arrosage, sans aucune racine pour la pomper. Elle se tasse, l’oxygène disparaît, et le milieu devient asphyxiant. Les jeunes racines qui s’y aventurent noircissent et meurent : l’arbre reste prisonnier d’une motte qui ne s’agrandit jamais.

S’y ajoute un phénomène thermique dont on parle peu. Un gros volume de terre humide met beaucoup plus longtemps à se réchauffer au printemps. Les racines d’olivier ne redémarrent vraiment qu’autour de 12 à 14 °C dans le substrat. Dans un bac de 100 litres à l’ombre du garde-corps, ce seuil n’est parfois atteint qu’en juin, ce qui ampute la saison de deux mois.

La bonne taille de pot, chiffres à l’appui

La règle que j’applique depuis est simple : le nouveau pot doit dépasser la motte de 4 à 5 cm tout autour, pas davantage, soit 8 à 10 cm de diamètre en plus. Pour la profondeur, 5 cm sous la motte suffisent. On ne saute jamais deux tailles d’un coup, même si le pot du dessus paraît ridiculement proche.

Sur un balcon, mon escalier ressemble à ceci.

  • Jeune plant de pépinière, motte de 15 cm : pot de 22 à 25 cm de diamètre, environ 7 litres.
  • Sujet de trois ans, tronc de 3 cm : pot de 30 à 35 cm, environ 15 litres.
  • Sujet adulte de balcon, 1,20 à 1,50 m : bac de 40 à 50 cm, 40 à 60 litres, et c’est le terminus.
  • Rempotage tous les trois à quatre ans, en mars ou début avril, jamais en pleine chaleur.

Vérifier sans tout casser

Avant de conclure, faites le test du dépotage. En mars, couchez le pot, tirez l’arbre par la base du tronc et regardez la motte. Si les racines forment un chevelu clair qui tapisse les parois, tout va bien, le pot est bien occupé. Si vous voyez un bloc de racines au centre entouré de dix centimètres de terre nue, compacte et sombre, le diagnostic est posé.

Sentez cette terre extérieure. Une odeur de vase, de marécage, signe une zone anaérobie installée. Regardez aussi les racines fines à la limite du bloc : blanches ou beiges et fermes, elles sont vivantes ; brunes, molles, se détachant sous les doigts comme une gaine, elles ont pourri. C’est exactement l’image que j’ai eue en dépotant mon olivier.

Le rempotage de sauvetage

Le geste contre-intuitif consiste à rempoter dans plus petit. J’ai retiré délicatement toute la terre morte périphérique, à la main puis au jet doux, coupé les racines noircies au sécateur désinfecté, et replacé l’arbre dans un bac de 45 cm au lieu de 70. J’ai remis un substrat neuf, tassé modérément, arrosé une fois copieusement.

Le premier mois, il ne s’est rien passé. Le deuxième, l’arbre a sorti une vingtaine de pousses sur du vieux bois. La saison suivante, il a fait 22 cm. Le seul point de vigilance est l’arrosage des trois semaines qui suivent : la motte réduite sèche vite, mais il ne faut pas noyer pour autant. Un arrosage modéré tous les quatre jours a suffi.

Le substrat compte autant que le pot

Un bon volume rempli de mauvais mélange donne le même blocage. L’olivier veut un substrat drainant et pauvre, pas un terreau à fleurs riche en tourbe qui se comporte comme une éponge. Mon mélange tient en trois tiers : terreau de plantation, terre franche de jardin, et pouzzolane ou sable grossier de rivière. On doit voir l’eau traverser en quelques secondes.

Un mot sur la couche de billes d’argile au fond, présentée partout comme indispensable. Elle ne draine rien du tout : la nappe d’eau perchée se forme à l’interface entre deux matériaux de granulométrie différente, et remonter cette interface de cinq centimètres ne fait que réduire le volume utile. Mieux vaut un mélange drainant sur toute la hauteur et de vrais trous d’évacuation.

Les autres causes qu’on confond

Le pot trop grand n’est pas le seul suspect, et l’accuser à tort fait perdre une saison. Un olivier qui reçoit moins de six heures de soleil direct par jour ne poussera pas, quel que soit le contenant. Un olivier jamais fertilisé depuis quatre ans dans le même terreau lessivé non plus : les arrosages emportent l’azote en dix-huit mois.

Vérifiez aussi les trous de drainage. Sur trois bacs du commerce que j’ai achetés, deux avaient des trous obturés par le film de moulage ou bouchés par la soucoupe collée dessous. Enfin, une soucoupe pleine en permanence produit exactement les mêmes symptômes qu’un pot surdimensionné, pour la même raison : les racines baignent.

Nourrir sans forcer

Une fois l’arbre relogé, la reprise se joue sur une fertilisation légère et régulière plutôt que sur un gros apport. J’utilise un engrais organique à libération lente au printemps, environ 50 à 60 g pour un bac de 40 litres, griffé en surface, plus un complément liquide dilué toutes les trois semaines de mai à août seulement.

Rien après la mi-août : les pousses tendres émises en septembre ne s’aoûteront pas et gèleront au premier coup de froid. Et rien du tout l’année d’un rempotage sévère avec taille de racines, pendant au moins six semaines, sinon on demande à un arbre amputé de fabriquer des feuilles avant d’avoir refait ses racines.

Combien de temps avant de voir un résultat

Comptez une saison entière avant un vrai redémarrage, deux pour retrouver une croissance normale. C’est long, et c’est pour cette raison que beaucoup de jardiniers abandonnent en cours de route et rempotent à nouveau dans plus grand, ce qui recrée le problème initial. La patience fait partie du traitement.

Le signal fiable n’est pas la couleur des feuilles mais la longueur des pousses terminales. Mesurez-en cinq au mètre ruban en juin, notez la valeur, refaites-le l’année suivante. En dessous de 5 cm, quelque chose bloque encore. Entre 15 et 30 cm, votre olivier est reparti et vous pouvez oublier le sujet pour trois ans.

Le conseil de Sophie. Rempotez toujours dans le pot immédiatement supérieur, jamais dans celui qui vous fait envie en jardinerie : un olivier heureux dans dix litres vaut mieux qu’un olivier qui stagne dans cent.

Sophie Lemoine
Sophie Lemoine

Je cultive 180 m² de potager en Anjou, sans engrais de synthèse, et je raconte ici ce qui marche vraiment — y compris mes ratés.

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