Balcon en septembre : les 5 plantes à acheter pour fleurir jusqu'à Noël

Balcon en septembre : les 5 plantes à acheter pour fleurir jusqu’à Noël

Fin août, les jardineries sortent les chrysanthèmes et tout le monde en conclut que la saison du balcon se termine. C’est exactement l’inverse. Septembre est le meilleur mois de l’année pour acheter des plantes de balcon, parce que les racines s’installent dans un terreau encore tiède. Bien choisies, elles fleurissent jusqu’à Noël et souvent jusqu’en mars.

Pourquoi acheter en septembre plutôt qu’en octobre

En septembre, le substrat d’une jardinière tourne encore autour de 16 à 18 degrés en journée, et les racines poussent activement dans cette fourchette. Une plante installée le 10 septembre a six bonnes semaines pour coloniser son pot avant que le froid ne bloque tout. La même achetée le 5 novembre restera immobile jusqu’en mars.

Il y a un second avantage, moins avouable : le choix. Début septembre, les lots sont complets, les pieds sont trapus et n’ont pas passé un mois sous une bâche à s’étioler. Fin octobre, il ne reste souvent que des sujets déformés, filés vers la lumière, qu’on paie le même prix pour un résultat très inférieur.

Le cyclamen de plein air, pas celui du salon

Attention à la confusion, elle coûte cher chaque automne. Les gros cyclamens à grandes fleurs vendus en intérieur ne passent pas une nuit à moins un degré. Ceux qu’il vous faut sont les minis, à petites fleurs et petites feuilles, étiquetés pour l’extérieur : ils encaissent des gelées de moins trois à moins cinq degrés.

Ils fleurissent d’octobre à mars, sans interruption si l’automne est doux. Deux exigences seulement : une exposition claire mais sans soleil brûlant de midi, et surtout un arrosage qui ne mouille jamais le cœur du bulbe. J’arrose par la soucoupe, je laisse absorber vingt minutes, puis je vide le reste. C’est tout ce qui les tue ou les sauve.

La bruyère d’hiver, à condition de prendre la bonne

Les bruyères vendues en septembre en gros pots colorés sont souvent des bruyères du Cap, magnifiques et totalement gélives : elles brunissent à la première gelée sérieuse et ne repartent jamais. Celles qui tiennent l’hiver sont la callune, qui fleurit d’août à novembre, et la bruyère d’hiver, qui prend le relais de décembre à avril.

Ce sont des plantes de terre acide. Dans un terreau ordinaire arrosé à l’eau calcaire, elles jaunissent en trois mois. Prévoyez un terreau spécifique pour plantes de terre de bruyère, un arrosage à l’eau de pluie quand c’est possible, et un pot d’au moins vingt centimètres, car elles détestent que leurs racines sèchent complètement.

Les pensées et les violas, les plus rentables

Ce sont les reines du rapport plaisir sur prix. Un plant de viola acheté en septembre pour le prix d’un café fleurit jusqu’en décembre, marque une pause pendant les périodes à moins cinq degrés, puis repart en février et tient jusqu’en mai. Sept mois de fleurs, c’est imbattable sur un balcon.

Les violas à petites fleurs résistent mieux à la pluie et au vent que les grandes pensées, dont les corolles se déchirent et collent au feuillage. Un seul entretien compte vraiment : retirer les fleurs fanées avec leur pédoncule, une fois par semaine. Une plante qui monte en graines arrête de fleurir en dix jours.

La gaulthérie, pour le rouge de décembre

Petit arbuste bas au feuillage vernissé qui rougit au froid, la gaulthérie porte de grosses baies rouges de la fin octobre jusqu’en février, parfois mars. C’est la plante qui donne à une jardinière d’hiver son point de couleur sans avoir besoin d’une seule fleur, et elle demande vraiment très peu de choses.

Terre acide là encore, mi-ombre, et un substrat qui ne sèche pas. Un point important : ses baies ne se mangent pas, elles contiennent des composés irritants, et je déconseille formellement d’y goûter ou d’en préparer quoi que ce soit. Placez la jardinière hors de portée des jeunes enfants et des animaux qui grignotent.

Le skimmia, l’arbuste qui tient trois ans

Le skimmia est l’investissement de la sélection : plus cher à l’achat, mais il reste en place trois à cinq ans dans le même bac. Les variétés à boutons floraux rouge sombre montrent leurs grappes de septembre à mars, puis s’ouvrent en fleurs blanches parfumées au printemps. On a donc deux spectacles pour un seul achat.

Une précision utile en magasin : ces arbustes ont des pieds mâles et des pieds femelles, et seules les femelles font des baies rouges, à condition qu’un mâle fleurisse à proximité. Si vous voulez des baies, achetez les deux. Sinon, prenez un mâle à boutons rouges, plus décoratif tout l’hiver et moins exigeant.

Le chrysanthème, un cas à part

Je l’ajoute parce qu’on l’achète tous, mais il faut savoir ce qu’on achète. Les gros chrysanthèmes en pot de la Toussaint sont forcés, fleuris à bloc, et n’ont plus rien à donner après trois semaines. Ils ne fleurissent pas jusqu’à Noël, quoi qu’on vous dise, et beaucoup ne repartent pas l’année suivante.

Si vous en prenez un, choisissez-le à moitié en boutons plutôt que tout ouvert, vous gagnez quinze jours. Et rabattez-le à dix centimètres en décembre, puis laissez-le dehors : les variétés de jardin, moins spectaculaires, se comportent en vraies vivaces et refleurissent chaque automne pendant des années dans un bac profond.

Composer une jardinière qui ne fera pas triste en novembre

Le piège classique, c’est de tout planter fleuri en septembre et de se retrouver avec un bac vide en décembre. Il faut échelonner les floraisons et compter sur le feuillage pour tenir les creux. Dans une jardinière de 60 centimètres, je mets cinq plants et pas davantage, sinon rien ne s’installe correctement. Voici la composition que je refais chaque année, du centre vers l’avant.

  • un skimmia ou une gaulthérie au milieu, qui tient la structure et la couleur tout l’hiver
  • deux minis cyclamens de part et d’autre, pour la floraison d’octobre à mars
  • deux violas sur le devant, qui comblent en automne et refleurissent dès février
  • un pied de lierre panaché en retombée, qui masque le pot et reste impeccable même sous la neige

Arroser en automne : moins souvent, mais vraiment

Presque tous les échecs d’automne viennent de l’eau, dans un sens ou dans l’autre. Beaucoup de balcons sont abrités : il pleut trois jours et le terreau reste sec, parce que rien n’atteint la jardinière collée contre le mur. Vérifiez au doigt, à trois centimètres de profondeur, une fois par semaine.

À l’inverse, une soucoupe pleine par cinq degrés est une condamnation. Les racines n’absorbent presque plus, l’eau stagne, et le collet pourrit en quinze jours. Videz systématiquement les soucoupes en octobre, ou surélevez les pots sur deux tasseaux pour que l’eau s’écoule et que l’air circule dessous.

Ce qui tue ces plantes, et ce n’est pas le froid

Un cyclamen de plein air, une callune ou une viola supportent sans broncher des nuits à moins cinq. Ce qui les tue, c’est le sol gorgé d’eau qui gèle en bloc, le vent desséchant sur un balcon exposé, et les allers-retours à l’intérieur d’une pièce chauffée à vingt degrés qui les épuisent en une semaine.

Deux précautions suffisent. Prenez des pots d’au moins vingt centimètres de côté, car un petit contenant gèle à cœur en une nuit alors qu’un grand met plusieurs jours. Et placez la jardinière contre un mur plein plutôt qu’au bord du garde-corps, où le vent divise par deux la durée de vie des fleurs.

Le conseil de Sophie. Achetez vos plantes d’hiver la première semaine de septembre, pas fin octobre. Vous paierez le même prix pour des pieds deux fois plus fournis, et ils auront le temps de faire des racines avant le froid.

Sophie Lemoine
Sophie Lemoine

Je cultive 180 m² de potager en Anjou, sans engrais de synthèse, et je raconte ici ce qui marche vraiment — y compris mes ratés.

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